No-Vox

Les Barakédens : la lutte des employées domestiques au Mali

mardi 22 mai 2012

Elles sont des jeunes femmes, venues des campagnes du Mali, à la recherche d’un travail en ville. Devenues « aide ménagère » ou « petite bonne » souvent par défaut, on les appelle en bambara les Barakéden. Elles travaillent et habitent dans les résidences des familles qui les emploient, on les définit comme étant invisibles et isolées. Pour la plupart, victimes de traitements arbitraires, inhumains, dégradants et humiliants, ces travailleuses invisibles sont souvent mal traité, mal payé et disponibles 24 heures sur 24, sans jour de repos.

Comment le mouvement des Barakédens a-t-il démarré ?

Remarqués en début d’année 2011 par des groupes de jeunes hommes militants, membres actifs de l’UNION (regroupement d’associations pour le développement et la défense des droits des démunis, composé aujourd’hui de 107 mouvements de lutte de base urbains et ruraux : associations locales, collectifs syndicaux) les travailleuses domestiques ont commencé à témoigner de leur condition auprès d’eux. Dès lors, des jeunes hommes et femmes de l’UNION décident de tenir des permanences sur des places publiques de plusieurs communes de Bamako pour effectuer un recensement des ces barakédens afin de connaître le nombre de bonnes par quartier, les violences et abus dont elles sont victimes.

Comment s’organisent-t-elles ?

Une fois les groupes d’employées domestiques de Bamako constituées par quartier, quelques jeunes femmes déterminées et mandatées, rédigent, avec l’aide de militant-e-s syndicaux locaux et du réseau No-Vox, les statuts et le règlement de leur future association.

Elles ont pris la décision de ne pas être affiliée à une centrale syndicale, elle dépose en juin dernier le document en préfecture. Leur mouvement s’appelle désormais Association de Défense des Droits des Aides ménagères et Domestiques – ADDAD.

Lors de la 100ème conférence de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) qui s’est tenu le 17 juin dernier à Genève, une convention internationale sur les droits des employés à domicile, un secteur jusque-là ignoré du droit international, a été adoptée. Cette convention définit les conditions de travail décentes et une meilleure protection des travailleuses contre les abus et le harcèlement sexuel dont elles sont victimes partout dans le monde. L’association se saisit alors de cette convention pour rédiger leur premier texte revendicatif.

Fin juin, l’assemblée des femmes de l’UNION puis l’ensemble du mouvement adoptent à l’unanimité la reconnaissance du mouvement des aides ménagères. Ensemble, elles décident de l’inscrire dans leur mémorandum et le soumettre prochainement à la Ministre des Femmes, de la Famille et de l’Enfant.

Quelles sont leurs revendications ?

Sur la carte d’adhésion des membres à l’ADDAD, est indiqué les revendications exigées auprès de l’employeur et de l’Etat, conforme aux décrets 96-178/P-RM en application de la loi de la République du Mali 92-20 :

-  tout engagement d’un personnel de maison doit faire l’objet d’une déclaration établie par l’employeur

-  l’employeur ne peut convenir d’un salaire mensuel inférieur à 21 936 FCFA (33,50 €)

-  la durée maximum du service est fixée à 10h maximum par jour

-  un repos hebdomadaire est donné à raison de 2 demi-journées minimum.

Quels sont leurs objectifs ?

A travers son affiliation à l’UNION, la lutte des barakédens s’inscrit désormais dans le réseau international des mouvements de Sans, No-Vox ! Aujourd’hui, ces femmes sorties de l’ombre, espèrent trouver un écho à leur lutte, au niveau national, régional et international.

Pour se faire, il est nécessaire de :

-  mettre en place un mouvement national de bonnes de familles en démarrant là où est organisé l’UNION à savoir les villes et les régions suivantes : Koulikoro, Sikasso, Segou, Kati

-  mettre en place des formations pour acquérir les connaissances de la législation du travail au Mali

-  Rédiger des textes de droit s’appuyant sur la législation actuelle et faire des propositions pour l’amélioration et l’application de leurs droits économiques et sociaux.

-  Créer les conditions d’un soutien international à travers des moyens de d’organisation, de formations, de communication leur permettant de se renforcer

Pour atteindre leurs objectifs, il leur faut un centre d’accueil. Dans ce local, seraient assurés :

-  l’administration et la communication de l’association

-  des formations et permanences juridiques avec l’aide internationale (du réseau No-Vox et d’organisations syndicales)

-  l’écoute et l’assistance médicale aux victimes de violences et d’abus sexuels

SOUTENEZ L’ASSOCIATION DES BARAKÉDENS : Elles rencontrent beaucoup de difficultés car les patronnes empêchent les bonnes de sortir et vont jusqu’à les menacer si elles ont l’intention de participer à des réunion de leur association.

Notre soutien leur est indispensable.

WWW.ADDAD.ORG Tel : 00 223 63364130 / 00223 76266278

CONTACT DE l’UNION : Koné Massa kmassa26@gmail.com


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