No-Vox

ALERTE JAPON : ENVOYEZ VOS SIGNATURES ! CONTRE L’EVACUATION DES SANS ABRIS INSTALLÉS À ARAKAWA

mardi 13 décembre 2011

Les menaces d’éviction forcée contre les sans-abri se sont multipliées récemment à Tokyo ! Appel contre l’évacuation des sans-abri qui habitent au bord de la rivière Arakawa (dans le nord de Tokyo) et qui font face en ce moment à une menace d’éviction forcée par le gouvernement japonais.

Envoyez vos signatures à san-ya@sanpal.co.jp

Envoyez votre signature individuelle ou associative en précisant votre NOM et si vous souhaitez qu’il soit affiché.

DECLARATION : Arrêtez l’éviction forcée ! Nous demandons au Ministère de l’Aménagement du territoire, l’arrêt des projets publiques qui expulsent les sans-abri des lieux où ils vivent.

Nous nous opposons au projet de "Reconstruction de la nature de Sumida", sur la berge de la rivière Arakawa, en aval du Pont de Horikiri.

Environ 20 personnes vivent au bord de la rivière Arakawa. Ils ont perdu leur travail et n’ont pas d’autre moyen que de vivre dans les tentes ou cabanes auto-construitent. En ce moment même, le Ministère de l’Aménagement du territoire conduit 2 projets de travaux nommé "Reconstruction de la nature de Sumida" et "Débroussaillage et Maintenance près de la rivière Onagi (Onagigawa)".

Ces deux projets ne sont que des prétextes pour procéder à l’expulsion des sans-abri, sans prendre en compte leurs besoins et leurs difficultés. Entre autres, les zones où ils vivent ont été entourées de barricades, et des camions et autres engins de chantiers passent continuellement juste à côté de leurs tentes. Par les dangers que cela représente, un grave problème se pose non seulement du point de vue des droits de l’Homme mais aussi de la sécurité des sans-abri. Nous demandons, au Ministère de l’Aménagement du territoire, d’interrompre et d’annuler immédiatement ces travaux et de réfléchir à une autre solution.

Voici les 4 raisons principales qui soutiennent cette demande :

1. Le Ministère de l’Aménagement du territoire a donné un ordre d’évacuation sans consultation aux sans-abri résidents là.

En août, le Ministère a distribué tout à coup une annonce ordonnant qu’ils s’en aillent avant fin septembre, afin de commencer les travaux en octobre. À ce moment-là, aucun d’entre eux n’a reçu d’explications sur la nature des projets, et c’est seulement le 12 septembre que nous avons pu avoir une négociation publique avec le Ministère. Nous nous sommes plaint au Ministère et nous avons demandé où les exclus pouvaient vivre dorénavant. La réponse du Ministère a été :
- « la zone est occupée illégalement »,
- « Il est interdit de vivre sur les berges des rivières »
- « trouvez une solutions vous-mêmes ».

Ils ne comprennent pas leurs problèmes et ne respectent pas leur existence. Le Ministère a déclaré, en outre, « Allez au bureau de bienfaisance », mais cela indique qu’ils ne connaissent pas le fonctionnement du système japonais de bien-être qui ne satisfait absolument pas la sécurité et le bien-être des sans-abri.

L’article 11 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, que le Japon a ratifié en 1979, déclare que chacun a droit au logement ; par conséquent, personne ne doit être expulsé de son domicile sans une négociation entre les intéressés (la garantie de la procédure appropriée) et une présentation de solutions de rechange (résidence de rechange).

Les mesures apportées par le Ministère violent ces principes des droits de l’homme, et ils peuvent par conséquent en être blâmés non seulement du point de vue de la loi, mais aussi de l’humanité.

2. Les projets du Ministère de l’Aménagement du territoire font preuve de discrimination et de préjugés contre les sans-abri.

Lors de la négociation du 12 septembre, le Ministère nous a expliqué que le but de ces travaux était la conservation des animaux et végétaux des berges de la rivière, comme par exemple les roseaux. À ce moment-là, il y avait 48 personnes vivant à cette zone. Mais des officiels ont montré leur indifférence face aux droits fondamentaux des sans-abri, et même leur droit à l’existence : « Nous n’avons pas pris en considération les sans-abri vivant là pour l’exécution de nos projets », et « Nous penons aux roseaux et autres plantes, mais pas aux sans-abri. »

Les officiels ont mentionné que les habitants du quartier, le gouvernement local et les spécialistes demandaient "l’élimination des sans-abri" et "la prévention contre l’occupation illégale par l’aménagement environnemental", en prétendant que : « On ne peut pas marcher le long de la berge parce que de nombreux sans-abri y vivent. C’est horrible. On veut se promener en toute tranquillité » Nous pensons que ces remarques sont la preuve de préjugés et de discrimination contre les pauvres et les faibles. Un gouvernement devrait lutter contre ces préjugés, mais au lieu de ça, ils dépensent d’importants budgets en faveur de ces idées et de cette culture de discrimination. C’est totalement inacceptable.

3. Les officiels compromettent la sécurité des sans-abri au cours de l’accomplissement de ces projets.

En septembre, le Ministère a lancé une vaste opération de débroussaillage, sans une explication et sans négociation. À la suite de ce débroussaillage, les espaces privés des sans-abri sont devenus exposés aux regards des passants. En octobre, il a commencé à détruire des tentes et à abattre des arbres en refusant notre demande de négociation. En conséquence, des camions roulent à proximité des cabanes, ce qui n’est pas sans danger pour les sans-abri. En outre, le 26 octobre, ils ont commencé à bloquer les accès au moment où les négociations avec le Ministère devaient reprendre.

Les déclarations des officiels ont été menaçantes : « si vous ne voulez pas vous sentir en danger, vous devriez quitter la zone. » Avant le début du projet, il y avait des relations amicales entre les sans-abri et les autres citoyens. Par le passé, il y a eu des cas d’adolescents ayant attaqué les sans-abri, mais cette attitude a disparu après des discussions avec les sans-abri. La berge était un espace qui offrait une occasion aux citoyens, et en particulier aux enfants, de lutter contre la discrimination et les préjugés, et d’approfondir leur compréhension de la pauvreté et des problèmes sociaux. Cependant, les projets du Ministère non seulement menacent la vie des sans-abri, mais détruisent aussi une possibilité de communication extrêmement importante pour la société.

4. La "préservation de la nature" est une raison mensongère – en réalité ils empêchent la coexistence naturelle des hommes et des êtres vivants.

Il y a aussi de nombreux chats qui vivent là. Ils ont été abandonnés par des habitants du quartier et les sans-abri les nourrissent en sacrifiant leurs frais de nourriture. Ces chats ont été stérilisés avec l’aide de volontaires, donc il n’y a pas de risque qu’ils se multiplient davantage et deviennent une source de gène pour les voisins. De même que les sans-abri, les chats sont les « victimes » de ces projets. Le ministère proclame la conservation de la "biodiversité locale", mais la biodiversité réelle est intimement liée à la diversité humaine. Et le point de vue international insiste sur l’importance de prendre en compte les points de vue des pauvres et des faibles. Le Ministère a admis, le 12 septembre, qu’il n’avait pas conduit une investigation biologique préliminaire de la zone de ces projets. Il est évident que le Ministère ne prend pas réellement en compte la biodiversité, et encore moins la vie des pauvres.

Pour les 4 raisons exprimées ci-dessus, nous exigeons auprès du Ministère de l’Aménagement du territoire un arrêt immédiat et une annulation de ces projets.

La plupart des sans-abri vivant le long de la rivière Arakawa a travaillé comme travailleurs journaliers à Sanya (quartier de Tokyo connu pour ses nombreux travailleurs journaliers) ; ils ont longtemps travaillé à la construction des immeubles, des barrages et des autoroutes, etc. Ils ont construit les infrastructures sociales et économiques et soutenu le dévelopement économique accéléré du Japon. Le gouvernement avait groupé les ouvriers à la journée des régions pauvres et les faisait travailler dans des conditions de vie précaires. Et désormais, nombre d’entre eux sont sans-abri. C’est le gouvernement qui les a abandonnés et jetés après usage. Leurs tentes et cabanes le long des berges des rivières sont les derniers endroits où ils peuvent continuer à survivre, courageusement. Par sa politique, le gouvernement a créé de la pauvreté dans la société, il devrait donc en prendre la responsabilité. Mais bien au contraire, il tente de cacher le problème aux citoyens à l’aide de ces expulsions. Nous exigeons énergiquement que le Ministère de l’Aménagement du territoire prenne ses responsabilités, et protège les droit de l’Homme et le bien-être des sans-abri, et de reconsidérer sincèrement et sérieusement ces projets.

L’ association des sans-abri de la berge de la rivière Arakawa, Pont de Horikiri Sanya sogidan / han sitsu jitsu Sanya hukushi kaikan Leurs Soutiens


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