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Urgent : les vendeuses du marché de Djicoroni à Bamako violemment déguerpies

mercredi 26 janvier 2011

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mars 2008

Les Echos 2008-03-31, 12:40:37 GMT


LIBERATION DES VOIES PUBLIQUES EN COMMUNE V Des déguerpis crient à la discrimination

Quel deal y aurait-il entre la mairie de la Commune V et des propriétaires de kiosques qui, malgré l’opération de libéralisation des trottoirs, s’entêtent à les occuper ? C’est cet état de choses que certains interprètent comme un « déguerpissement sélectif ».

L’opération de déguerpissement de l’avenue « Martin Luther King », en Commune V, a permis la libération des trottoirs. Des occupants des abords immédiats de l’axe (propriétaires de kiosques, vendeuses, étalagistes, magasins, points de ventes de carburants… bref tous les débrouillards à la recherche du pain quotidien) ont été déguerpis sans ménagement.

Des propriétaires de commerce qui avaient érigé des hangars pour se protéger du soleil, de la pluie… ont été sommés de démonter leurs installations ou à défaut de faire un toit sans support (accroché directement au mur du magasin). Les radicaux qui ne voulaient pas obtempérer ont vu leurs kiosques démolis avec tout le contenu par un bulldozer appuyé par des éléments des forces de l’ordre. Ceci a fini par se transformer en une bataille rangée entre les forces de l’ordre et des jeunes du quartier.

Si l’opération, selon le maire Fané, s’inscrit dans le cadre de la libéralisation des trottoirs et abords des marchés, prônée par le gouverneur du district, il n’en demeure pas moins qu’elle a laissé beaucoup de citoyens sur leur faim. Beaucoup pensent qu’elle n’a pas été faite dans les règles de l’art.

En parcourant l’avenue à partir de Torokorobougou, jusqu’au niveau du lycée Massa Makan Diabaté, à Baco-Djicoroni, on se rend compte que ce que les gens affirment n’est que pure vérité. Des hangars que cette même mairie a démolis devant certains magasins restent toujours visibles en des endroits. Il s’agit notamment des ateliers de couture, boulangeries, pâtisseries, quincailleries. Les cas les plus flagrants et frappants sont ceux de la boulangerie-pâtisserie « Madougou » (Baco-Djicoroni), du salon de couture « Yaressy Couture » (Torokobougou) où sont érigés des hangars qui occupent une bonne partie du trottoir avec des terrasses aménagés. Ces espaces appartiendraient à des commerçants qui n’hésitent pas à mettre la main à la poche en pareille circonstance, apprend-on. La pâtisserie « Madougou » serait la propriété d’un transitaire qui aurait ses entrées à la mairie.

Incompréhensions et colère

« Nous ne comprenons pas l’attitude du maire de la Commune V, Demba Fané et son équipe, qui ont fait déguerpir des gens à leur bon vouloir. Sinon comment comprendre qu’on fasse dégager les hangars des uns et laisser ceux des autres. Ils ne sont pas plus Maliens que nous. La mesure doit être appliquée à tous les occupants. Nous attendons qu’ils le fassent aussi, faute de quoi nous nous assumerons », protestent des propriétaires d’établissements qui demandent l’implication du gouverneur du district de Bamako, initiateur de l’opération.

A la mairie, l’on se réjouit de la réussite de la libération des voies. La manière importe peu, selon un conseiller municipal. « Ils savaient qu’ils étaient dans l’illégalité. Malgré nos sensibilisations, nos communiqués, ils sont restés et nous ne pouvons qu’appliquer les textes », se défend un élu, qui a requis l’anonymat. « Vous savez, on a toujours quelque chose à dire dans ces genres de situation. La mairie va continuer avec son nettoyage sans regarder le visage de qui que ce soit », ajoute-t-il.

Réunis en association, des jeunes « victimes » de la mesure s’insurgent contre les déclarations de la mairie qui, à leurs yeux, ne sont que boniments. « S’ils se défendent ainsi, nous attendons voir. Nous prenons à témoin les plus hautes autorités de tout ce qui peut arriver si justice n’est pas faite », menace un des jeunes visiblement en colère.

Samedi dernier, les déguerpis du marché de Baco-Djicoroni devaient se réunir pour dégager une position commune sur le marché. Déjà, la veille, des femmes s’étaient catégoriquement opposées à la vente de leurs espaces par la mairie à certains commerçants. Si les choses ne se font pas dans la transparence cette opération de démolition de kiosques et hangars en Commune V risque de tourner au vinaigre. Le ton avait été donné par des jeunes qui avaient menacé de s’attaquer au domicile du maire Demba Fané. Le gouvernorat, initiateur de l’opération, est plus que jamais interpellé sur l’attitude discriminatoire des mairies qui risquent de saper la bonne réussite de l’action de salubrité publique.

Encadré : des partis condamnent

L’opération de déguerpissement entamée par le gouvernorat et exécutée par les mairies n’est pas vue d’un bon œil par des responsables de partis politiques. Un membre d’un parti majoritaire fustige l’attitude des autorités sur ce qu’il appelle l’opération « d’aggravation de la pauvreté et du chômage ».

A ses dires, le moment est mal choisi. Son argumentaire : le pays est confronté à une situation financière difficile. « Des familles n’arrivent pas à se nourrir. Des jeunes chômeurs et des chefs de famille se débrouillent sur ces voies pour avoir le pain quotidien », martèle-t-il. Et d’ajouter que la libéralisation des voies devait être accompagnée de mesures sociales pour atténuer la conjoncture. « Si on les fait dégager, qu’est-ce qu’ils vont devenir ? », se demande-t-il.


août 2010

Déguerpissement des femmes du marché de mangue de Djicoroni Para Mali-Web, Le 26 Mars, 30/08/2010

Anciennes malades de la lèpre pour la plupart, 53 femmes vendeuses de fruits au marché de mangues de Djikoroni Para ont assisté, impuissantes à la démolition de leurs hangars et à la destruction de leurs marchandises, avant, (dans certains cas) d’être arrêtées puis emprisonnées.

A l’origine de leur malheur, un puissant opérateur économique qui a acheté le lieux leur servant de marché.

Cette place, leur avait été affectée par la Direction de l’ex Institut Marchoux, pour leur de servir de marché il y a maintenant plusieurs années.

C’était sans compter avec cet opérateur économique qui, après avoir acheté les lieux est passé par la manière forte pour s’en approprier.

Ainsi, le 3 juillet dernier, les pauvres femmes ont vu débarquer sur leur place, un impressionnant groupe de forces de l’ordre leur ordonnant de "foutre le camp".

Le courage du désespoir aidant, les vendeuses de mangues (dont la plus jeune à 48 ans) ont choisi l’affrontement.

Conséquence : leurs biens ont été détruits et 7 vieilles femmes ont été arrêtées puis "internées" pendant 2 jours à la maison centrale d’arrêt de Bamako.

Ainsi, en l’espace de deux jours (temps passé en prison), ces femmes ont perdu plus de 20 tonnes de mangues dont elles estiment la valeur à près de 7 millions de FCFA.

A cela s’ajoute, le cas de chargements d’oranges pourris dont le coup s’élèverait à 2 millions de F CFA.

C’est ainsi que, pour sensibiliser des hommes de médias sur leur situation et prendre l’opinion nationale et internationale à témoin, les victimes ont, sous les auspices de l’Union des Associations et des Coordinations d’Association pour le Développement et la Défense des Droits des Démunies (UACDDDD), organisé une conférence de presse, le 22 août dernier.

C’était au Jardin d’Enfant Babintou Keita de l’ex Institut Marchoux.

Ladite rencontre a enregistré la présence du Ségal adjoint chargé des relations extérieures, Massa Koné, du conseiller juridique de l’UACDDDD, A.T Diarra, des femmes du marché de mangues, des membres de l’union…

Au cours de cette conférence, le ségal Massa Koné a laissé entendre que les pauvres femmes doivent se soutenir et s’unir afin de faire face à l’injustice dont elles sont victimes.

Pour Mme Fanta Coulibaly, une vielle femme (77 ans) qui a perdu les quelques dents qui lui restaient avant son arrestation, "ce marché est notre vie, en nous le retirant, on nous prend notre âme".

Et Mme Fanta Sanogo, une autre victime, d’ajouter : "pour éviter de perdre notre marché nous y passions la nuit. Et quand Moussa Marra alors maire de la commune a été informé de cette situation, il a suspendu tous les travaux pendant 6 mois. Mais, il a été destitué et les travaux de reconstruction de notre marché ont repris".

Toujours selon Mme Sanogo, l’opérateur économique auquel les lieux ont été vendus a laissé entendre et devant des témoins que, pour faire déguerpir ses victimes, il aurait versé 2,3 millions de Franc CFA au commissaire du 14è arrondissement et près de 6 millions au compte du procureur du tribunal de la Commune IV.

Ce qui ne surprend guère, car selon l’avocat de l’union, c’est le juge qui tranche les affaires du tribunal. Mais cette fois, cela n’a pas été le cas. C’est le procureur qui s’est chargé du dossier. Pourquoi ?

A en croire l’avocat, la non légalité des documents justificatifs serait à la base de la prise en charge du dossier par le procureur.

Ce qui expliquerait le report à 3 reprises des audiences concernant l’affaire.

… à suivre

A. Sanogo


Litige foncier à Djicoroni Para : Malédiction des lépreux contre ATT

Written by Toure Sambi

L’Association des malades jardiniers de la lèpre, affiliée à l’Union des associations et coordinations d’associations pour le développement et la défense des droits des démunis (UACADDDD), a animé, dimanche, dans l’enceinte du jardin d’enfants de l’ex Institut Marchoux de Para Djicoroni, une conférence de presse dont l’objectif était d’édifier l’opinion publique de la spoliation de leurs terres par des nantis avec la complicité du maire de la CIV et le président de l’Association malienne Raoul FOULEREAU. Les victimes désormais « anciens jardiniers lépreux », déterminées à poursuivre le combat jusqu’à la mort, interpellent le président ATT pour les remettre dans leurs droits acquis et sauvegardés par les gouvernements successifs. La conférence, qui avait vite pris l’allure d’une assemblée générale, était animée par le président de l’Association des malades jardiniers de la lèpre, Moussa DIAKITE, et le secrétaire général adjoint, chargé des relations extérieures de l’Union des associations et coordinations d’associations pour le développement et la défense des droits des démunis, Massa KONE. On y notait également la présence des représentants des commissariats du 5e et du 9e arrondissements, ainsi qu’une foule nombreuse constituée des membres de l’association

L’origine du calvaire

Le ton de la rencontre a été donné par Moussa DIAKITE qui a, d’entrée de jeu, narré dans les moindres détails l’histoire des terrains qui font l’objet d’autant de convoitise. Le héros n’est autre que le président de l’association des malades jardiniers de la lèpre, le lépreux et non-voyant, Moussa DIAKITE. En effet, ces jardins ont été attribués aux malades de la lèpre pour leur permettre de vivre des fruits de leur travail et ne pas s’abandonner la mendicité qualifiée d’infraction.

Selon le vieux, l’histoire de la zone remonte, en fait, à la période où Tièkoro BAGAYOKO régnait en maître sur Bamako. Le vieux DIAKITE a rappelé qu’il était un moment à Bamako où les autorités ne voulaient pas voir les mendiants roder en ville. De ce fait, les policiers, dans le cadre cette croisade contre la mendicité, poursuivaient et arrêtaient les mendiants. Pendant les heures de pointe, c’est-à-dire vers midi, les policiers remplissaient leurs véhicules de mendiants et allaient les déverser à des kilomètres de la ville. Comme si cela ne suffisait pas, ils partaient cueillir les mendiants jusque dans leurs derniers retranchements, notamment dans les marchés et les différents dortoirs, pour les jeter très loin de la capitale. Insatisfaits des résultats de ces déportations massives, les autorités policières ont ouvert un camp d’internement des mendiants. Pour en sortir, le détenu doit payer de l’argent dont le montant était au départ 350 Francs, mais qui a été porté à 1500 Francs. Pour la petite histoire, dira l’orateur, l’actuel directeur général de la police, Niamé KEITA, alors chef de ce camp, a déclaré qu’il n’est pas venu à la police pour garder les mendiants. Cependant, les mesures d’austérité contre les mendiants ont été amplifiées. C’est face à la situation qui perdurait que le vieux Moussa DIAKITE, mendiant et non-voyant, a pris la décision de se rendre à la direction de la police pour dénoncer de vives voix au chef des policiers, Tièkoro BAGAYOYO, les tracasseries dont sont victimes les mendiants par ses hommes. Les sentinelles du jour ont rétorqué au visiteur peu ordinaire que le chef était absent et lui ont demandé de leur laisser son message. Déterminé, le non-voyant dira qu’il a assez de temps pour l’attendre durant toute la journée, et il a juré de ne parler qu’à Tièkoro. Dans sa longue attente, un policier répondant au nom de famille KANTE, donc, un cousin à plaisanterie des Peuls, lui a juré de transmettre fidèlement son message à Tièkoro. Conscient de la puissance des liens de parenté à plaisanterie, le vieux a accepté de se confier à son cousin. Ainsi, il a demandé à son cousin de dire à Tièkoro BAGAYOKO que les mendiants sont réellement fatigués des traitements inhumains infligés aux mendiants par les policiers. Aussi, le charge-t-il de lui dire que personne ne souhaite devenir mendiant. Par ailleurs, il lui donne sa solution au problème : soit trouver un travail pour les mendiants ; soit charger les cars de mendiants pour aller déverser le contenu dans le fleuve et, après trois voyages, ils ne verront plus aucun mendiant. C’est à la suite de ces quatre vérités que les autorités de la deuxième république en partenariat avec l’Allemagne ont décidé d’affecter la zone de Djiconi aux mendiants pour servir de jardins potagers. Ainsi, les malades de la lèpre ont été repartis en trois groupes : ceux qui ont reçu des pousse-pousse ; ceux qui ont opté pour le commerce du charbon ont été financé et 515 personnes ayant opté pour le jardinage se sont vu attribuer en pleine saison sèche des jardins de 10 mètres.

La promesse tenue du président AOK

Le vieux DIAKITE a laissé entendre qu’ils ont vécu sans problèmes jusqu’à l’avènement de la troisième république. Pendant sa campagne pour les présidentielles de 1992, le candidat Alpha Oumar KONARE leur avait promis de sauvegarder leurs intérêts. Elu président, il a tenu toutes les promesses, a témoigné le vieux. Fort du soutien de M.KONARE, les jardiniers lépreux ont demandé à ce que le président Alpha les aide dans la transformation de leurs jardins en logements à usage d’habitation. Ce choix était motivé par le fait que le jardin rapporte peu. D’autre part, l’urbanisation avait atteint leurs installations. Ainsi, M.KONARE a invité les membres de l’association à s’entendre entre eux. A en croire le vieux, tous étaient d’accord pour cette option. Cependant, pour y parvenir, il fallait qu’ils passent par les autorités de la Commune IV. Voilà comment l’ancien maire de la Commune IV est rentré dans la danse, a martelé le patriarche. Il était convenu entre l’association et la mairie de mettre en place une commission de recensement et de distribution des lots. Mais à la grande surprise, la mairie a fait cas de 150 lots sur lesquels 50 reviendraient à l’association que dirige le vieux Moussa DIARRA. Toute chose que le vieux s’est refusé d’admettre. Depuis, ils assistent à l’édification des immeubles sur leurs jardins. Certains contestateurs ont été interpellés et mêmes enfermés. Il s’agit de la zone ACI (6 ha) et de Kalabambougou (24 ha destinés à recaser les non satisfaits de Djicoroni).

ATT sourd à l’appel des pauvres

Mais pour les jardiniers, la responsabilité incombe au président Amadou Toumani TOURE qui, depuis qu’il est à Koulouba, est accusé de ne s’être jamais intéressé à leurs problèmes. C’est très consterné que le vieux a imploré le Dieu de préserver le Mali d’un président à l’image d’ATT qui n’a pas pitié des pauvres. La preuve : depuis quatre mois, il a promis de réagir par rapport à ce problème. Mais il n’en est toujours rien, a déploré le non-voyant. Pire, c’est sous son régime que l’ancien maire de la Commune IV, en complicité avec le président de l’association malienne Raoul FOULEREAU, Goulou Moussa TRAORE, les a spoliés leur terre pour les vendre aux plus nantis.

Malgré tout le vieux s’est dit confiant en Dieu et en avenir. Car s’ils étaient, hier, des malades, aujourd’hui, ils ont des enfants et des petits enfants saints et disposés à prendre la relève du combat.

Le secrétaire général adjoint de l’Union des associations et coordinations d’associations pour le développement et la défense des droits des démunis, lui, a rappelé les démarches entreprises par son organisation pour s’engager aux côtés des jardiniers lépreux dans leur lutte pour la réhabilitation de leurs droits. Selon M.KONE, l’UACADDDD, qui regroupe plus de 40 structures à travers le pays toutes victimes d’injustice, a pour credo la vérité et l’honnêteté. Car l’Union ne s’adjoint à personne dans le mensonge et la malversation. Alors, c’est convaincu que l’association des malades jardiniers de la lèpre est victime d’une injustice des plus nantis. Toute chose que le chargé de relations extérieures s’est dit déterminé à combattre jusqu’à la satisfaction de leurs doléances. Ainsi, il a exhorté les membres de l’association à ne pas se décourager. Aussi, a-t-il rappelé les dispositions de la Constitution malienne qui donne le droit à chaque citoyen de réclamer ses droits chaque fois que ces derniers sont remis en cause. Par ailleurs, la situation sociale de ces malades et pauvres doit interpeller la conscience du président ATT à qui son organisation a adressé une correspondance afin qu’il intervienne en faveur de ces pauvres malades.

Les malédictions et les lamentations de ces pauvres, qui n’ont que leurs yeux pour pleurer, sont plus destructrices que les missiles. Alors, ATT est avisé de la colère de ces anciens co-habitants de Para Djicoroni.

Par Sékou CAMARA


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