No-Vox

Déclaration du réseau international des sans "no-vox" à l’occasion du sommet de Rio d’UN-Habitat

mardi 23 mars 2010

L’ONU Habitat se réunit à Rio de Janeiro 14 ans après Istanbul, la situation du logement dans le monde s’est dégradée.

En effet, le bilan de ces dernières décennies est catastrophique. Le nombre d’habitants de bidonville a augmenté, ainsi que le nombre de personnes mal-logées. Partout dans le monde, le logement, l’immobilier et le foncier urbain sont devenues des valeurs marchandes à haut rendement spéculatif.

La privatisation du logement public ou du logement social s’est accélérée dans l’ensemble des pays qui en sont pourvus, tandis que la production d’une offre nouvelle est en baisse. Les loyers ont flambé, les accédants à la propriété sont étranglés, les populations modestes et les habitants de quartiers populaires sont chassés par la spéculation immobilière et la flambée des prix. Les événement internationaux, souvent soutenus par l’ONU, ou d’autres institutions internationales donnent lieux à des destructions massives de quartiers populaires, véritables épurations sociales accompagnées de violences intolérables, des spoliations massives sont mises en place.

Même les catastrophes naturelles sont l’occasion de faire des profits massifs, et de détruire les infrastructures sociales et les habitations populaires (Louisianne). Sans honte, le MIPIM, grand marché international des promoteurs immobiliers, qui se tient chaque année à Cannes (France), affiche cette année sur le séisme qui endeuille Haïti. Les milliards de dollars pour la reconstruction intéressent les spéculateurs.

Jamais, sur la planète, le logement et le foncier n’ont été aussi chers, il faut mettre un terme à ce processus qui enrichit une petite minorité, en collusion avec des responsables politiques, qui déstabilise l’économie mondiale - la crise des subprime ou le surendettement produisent misère, chômage, et violence.

Une fois de plus, les mouvements de lutte de base sont ignorés par les institutions internationales et pour ceux qui ont été invités, cantonnés au rôle de caution, tout juste bon à témoigner de leur misère quotidienne, souvent instrumentalisés par telle chapelle politique ou religieuse, devenu faire valoir de telle ONG. Or le temps n’est plus à la charité, ni à la compassion, ni à au regard de l’aggravation de la crise du logement mondiale, de la multiplication des catastrophe naturelles. L’heure est à aider les mal-logés, les sans logis, les habitant-e-s et paysans spoliés de leurs terres à s’organiser et s’unir pour faire valoir et défendre leurs droit à être logé et vivre dignement.

Le réseau No-Vox appelle à la résistance contre cette marchandisation général des biens collectifs, de la terre, du foncier et du logement, particulièrement du logement social. Nous demandons que l’ONU Habitat prenne des dispositions pour dénoncer ce processus de paupérisation et d’exploitation dans le domaine du logement, et défende des mesures pour :
- mettre fin à la spéculation immobilière et foncière,
- encadrer les marchés du logement et les marchés locatifs,
- produire du logement accessible et décent aux populations pauvres et modestes,
- mobiliser les biens immobiliers laissés vacants dans les grandes agglomérations,
- mettre fin aux expulsions aux évictions et aux spoliations forcées,
- condamner et sanctionner les états qui laissent faire, ou qui encouragent cette violence, ainsi que ceux qui soutiennent la spéculation immobilière et la cherté du logement au détriment des populations modestes ou vulnérables.

Absent des rencontres de Rio, nous dénonçons l’immobilisme de l’ONU, qui a favoriser cette catastrophe mondiale, et nous lui demandons de soutenir les mouvements sociaux du logement, en particulier les mouvements de lutte des habitants de taudis,de sans logis, de résistance aux spéculateurs immobiliers et fonciers.

Aujourd’hui face à la barbarie de la spéculation immobilière, de la flambée des loyers, de l’exploitation à outrance de ce besoin fondamental que constitue le logement, nous revendiquons le droit au logement pour tous, et nous appelons à la résistance active.

Nous demandons de soutenir les marches et les revendications des habitant-e-s :

- Le 25 mars 2010 à Lubango en Angola, à l’appel de l’Omunga

- le 26 mars 2010 à Bamako au Mali à l’appel de l’Union des démuni(e)s, membre du réseau No-Vox

- les jours qui suivent à Ouagadougou au Burkina Faso à l’appel de la CAB, membre du réseau No-Vox

Pour demander l’arrêt des déguerpissements (expulsions), des expropriations de terre et de la spéculation foncière et le relogement de ceux et celles qui ont déjà été chassés et contre les violences policières et la répression qui a déjà fait nombre de morts et de blessés

- le 30 mars à Tokyo au Japon à l’appel du réseau No-Vox Japon contre la privatisation du parc Miyashita au profit de la multinationale Nike où vivent des sans abris dans leur maison de fortune.


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